Un ressortissant togolais est au cœur d’une affaire de blanchiment présumé devant le Pôle pénal économique et financier de Cocody, à Abidjan. Jugé fin avril 2026, Sangbanté Asanté est poursuivi après la vente de 47 grammes d’or pour plus de 2,5 millions FCFA. Le verdict est attendu le 21 mai 2026.
Employé d’une société minière active dans la région de la Nawa, l’accusé aurait découvert le métal précieux dans le cadre de ses fonctions. Selon les débats à l’audience, il a ensuite choisi de le céder en dehors des circuits officiels prévus par la législation ivoirienne sur la commercialisation de l’or.
Cette transaction, estimée à plus de 2,5 millions FCFA, a rapidement attiré l’attention des autorités. Les forces de l’ordre ont interpellé Sangbanté Asanté peu après la vente. Les fonds issus de l’opération ont été saisis avant qu’il ne puisse en disposer, a-t-il déclaré à la barre.
Devant les juges, le prévenu a plaidé l’ignorance. Il affirme ne pas avoir eu connaissance des règles strictes encadrant l’achat et la vente d’or en Côte d’Ivoire. Pour lui, il s’agissait d’une simple revente ponctuelle, sans volonté de dissimuler l’origine des fonds.
Le ministère public rejette cette version. Pour le parquet, les faits relèvent clairement du blanchiment de capitaux. La mise en circulation d’argent provenant d’une activité non autorisée constitue une infraction grave, a martelé le procureur lors de ses réquisitions.
L’accusation a donc requis une peine de trois ans d’emprisonnement ferme. Elle s’accompagne d’une demande d’amende de six millions FCFA, soit plus du double du montant de la transaction incriminée. Le parquet entend faire de ce dossier un exemple.
La défense conteste fermement la qualification retenue. L’avocat de Sangbanté Asanté parle d’une simple infraction administrative liée à l’absence d’autorisation de vente. Il insiste sur l’absence d’intention frauduleuse et de montage financier complexe.
Les juges du Pôle pénal économique et financier se sont penchés sur les aspects techniques. L’origine exacte du métal et les conditions précises de sa commercialisation ont été examinées. À ce stade, aucun élément ne prouve l’existence d’un réseau structuré de blanchiment.
Cette absence de preuves d’un système organisé pourrait peser lourd dans la décision finale. Le tribunal doit trancher entre la thèse du parquet, qui voit un délit financier grave, et celle de la défense, qui plaide la maladresse d’un employé mal informé.
Placé en détention depuis septembre 2025, Sangbanté Asanté est toujours incarcéré au pôle pénitentiaire d’Abidjan. Il devra patienter jusqu’au 21 mai 2026 pour connaître le sort que la justice ivoirienne réserve à cette vente de 47 grammes d’or.
Amour SEKOS
