Lancée le mardi 25 août 2026 à Lomé, une formation de trois jours de la Confédération Africaine de Football vise à élever le niveau de sûreté et de sécurité dans les enceintes sportives du continent. Pendant 72 heures, experts et praticiens vont alterner cours en salle et mises en situation au Stade de Kégué.
Le Togo devient ainsi le cinquième pays africain à bénéficier de cette initiative de la CAF. Après d’autres capitales, Lomé rejoint le cercle des villes pilotes choisies pour diffuser les standards internationaux en matière de gestion des foules et de prévention des risques.

L’objectif est clair : professionnaliser l’organisation des matchs. Il ne s’agit plus d’improviser le jour J, mais de planifier chaque phase, de l’ouverture des portes jusqu’à l’évacuation du dernier spectateur, en s’appuyant sur des procédures, des données et une coordination entre tous les acteurs.
Plus de 40 personnes suivent ce programme intensif. Sont réunis les responsables sûreté-sécurité de la Fédération Togolaise de Football, les délégués sécurité des clubs de D1 et de D2, ainsi que des officiers de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale.

La pédagogie combine théorie et pratique. Le matin, les travaux portent sur le cadre réglementaire, la billetterie, la gestion des flux et les plans d’urgence. L’après-midi, le groupe se déploie au Stade de Kégué pour des exercices grandeur nature de contrôle d’accès, de filtrage et de communication en situation de crise.
À l’ouverture, le Président de la FTF, le Colonel Guy Kossi Akpovy, a salué une démarche portée par Patrice Motsepe. Pour lui, le stade doit rester « un espace de passion, de communion et de joie », sans peur ni danger. Il a insisté sur la nécessité de services efficaces de contrôle, du respect de la capacité d’accueil et de dispositifs de barrières adaptés.

Le dirigeant togolais a aussi mis en avant la montée en puissance de Lomé dans l’agenda continental. Après la réunion de la Commission médicale de la CAF les 14 et 15 avril 2026, la capitale togolaise confirme son rôle de carrefour pour la réflexion et la formation footballistique en Afrique.
Côté CAF, le commissaire de police divisionnaire Christian Ndoua Zié conduit les travaux. Il explique que la formation cherche à combler les failles organisationnelles à l’origine d’incidents passés. L’enjeu : outiller les participants pour qu’ils répercutent ensuite les acquis dans leurs clubs et administrations et que chaque rencontre réponde aux exigences internationales.

Autre voix de l’encadrement, Zakariyha Diabaté présente la sécurité sportive comme « une science à part entière ». Il compare un match au vol d’un avion avec décollage, croisière et atterrissage. De l’accueil aux fouilles, de l’accès aux tribunes à la mi-temps, chaque étape doit être minutée. Il préconise un poste de pilotage central réunissant gestionnaires de stade, forces de sécurité, secours et officier CAF.

La coordination locale est assurée par le Lieutenant-colonel Christian Atèkpè, Officier de sécurité de la FTF. Il invite les stagiaires à la curiosité et à l’ouverture d’esprit, condition selon lui pour intégrer de nouvelles méthodes et les adapter au contexte togolais.

Au-delà des trois jours, les retombées attendues sont concrètes : une culture de la prévention ancrée, des procédures partagées entre clubs et autorités, et un effet multiplicateur puisque chaque participant doit former à son tour ses équipes. L’ambition est de créer des environnements sûrs qui favorisent aussi l’engagement des communautés et le soutien aux équipes.
Alors que l’Afrique accueille de plus en plus de compétitions majeures et modernise ses infrastructures, ces ateliers prennent une place stratégique. En formant les hommes et en standardisant les pratiques, la CAF entend garantir la sécurité des supporters, des joueurs et des officiels, tout en améliorant l’expérience globale autour du football.
Amour SEKOS
Source : FTF
