Le président du Conseil et chef suprême des armées, Faure Gnassingbé, s’est rendu au poste avancé de Tchamonga, dans la région des Savanes. Une visite surprise sur le théâtre de l’Opération Koundjoaré, destinée à prendre la température d’un conflit asymétrique qui s’enlise face aux Groupes Armés Terroristes.
Officiellement, le déplacement visait à contrôler la conduite des opérations, ajuster la stratégie et galvaniser les troupes. Mais sur le terrain, l’exercice a pris des allures d’audit de crise. Loin des rapports transmis à Lomé, le chef de l’exécutif a voulu toucher du doigt la réalité d’une zone où la ligne de front se dérobe chaque jour.
Au Poste de Commandement Opérationnel, les échanges avec les Forces de Défense et de Sécurité ont mis en lumière les « défis rencontrés sur le terrain ». L’adversaire a muté. Les GAT misent désormais sur les engins explosifs improvisés, le harcèlement nocturne et l’infiltration par le renseignement humain. Une menace diffuse, difficile à fixer, qui impose une vigilance permanente.
Face aux militaires, Faure Gnassingbé a reconnu l’usure des hommes et la complexité d’une guerre où le front est partout et nulle part à la fois. Il a promis une « prise en compte progressive des besoins exprimés en vue de l’amélioration continue des capacités opérationnelles », selon le ministère de la Défense. Des besoins qui dépassent l’armement lourd et touchent au quotidien des troupes.
Le chef suprême des armées a exhorté les soldats à « demeurer vigilants, déterminés et animés d’un sens élevé du devoir et du sacrifice ». L’objectif affiché : prévenir toute tentative de déstabilisation dans un contexte régional jugé préoccupant, alors que le Bénin et le Burkina Faso voisins font face aux mêmes pressions sécuritaires.
Le choix de Tchamonga, poste avancé sur la bande frontalière Est, n’est pas anodin. Longtemps, l’axe central concentrait les tensions. Aujourd’hui, l’Est devient la nouvelle zone de vulnérabilité, mitoyen d’un Burkina Faso imprévisible et d’un Bénin également sous menace. Le déplacement du centre de gravité de la menace semble acté.
Au-delà du symbole, la visite scelle un pacte renouvelé entre le président du Conseil et son armée. Dans les Savanes, la guerre coûte cher, en ressources comme en énergie humaine. En se rendant physiquement sur ce point chaud, Faure Gnassingbé a voulu montrer que le sommet de l’État mesure l’ampleur de la difficulté.
Reste à savoir si les promesses de soutien « progressif » suffiront à inverser la dynamique. Sur le front de Koundjoaré, les FDS poursuivent leurs efforts. Mais face à un ennemi qui s’adapte, l’audit de Tchamonga marque peut-être le début d’un nouveau chapitre opérationnel.
Amour SEKOS
