Dakar – Coup de tonnerre à la présidence sénégalaise. Bassirou Diomaye Faye a mis fin ce vendredi aux fonctions de son Premier ministre Ousmane Sonko, scellant une rupture annoncée depuis plusieurs mois au sommet de l’État.
La décision a été rendue publique par un communiqué diffusé sur la chaîne nationale RTS. Aucun motif officiel détaillé n’a été avancé, mais le texte évoque des divergences persistantes au sein de l’exécutif. Le limogeage intervient après une période de tensions croissantes entre les deux anciens compagnons de lutte.
Au cœur des désaccords figure la réforme du code électoral actuellement débattue au sein du parti au pouvoir, le Pastef. Ce projet de modification ouvrirait la voie à Ousmane Sonko pour se présenter à l’élection présidentielle de 2029, une perspective qui cristallise les fractures au sein de la majorité.
Le revirement est d’autant plus symbolique que les deux hommes ont longtemps incarné une alliance indéfectible. Écarté de la présidentielle de 2024 à la suite d’une condamnation pour diffamation lui ayant fait perdre ses droits civiques, Ousmane Sonko avait lui-même désigné Bassirou Diomaye Faye comme candidat du Pastef. Cette stratégie avait conduit à la victoire du parti et à l’accession de Faye à la présidence.
Depuis leur arrivée au pouvoir, les signes de mésentente se sont multipliés. Divergences de ton, arbitrages contestés, et lignes politiques qui s’éloignent ont progressivement érodé la confiance entre le président et son Premier ministre. Leur entente affichée laissait place à des signaux de plus en plus contradictoires.
Le limogeage de Sonko rebat les cartes de la vie politique sénégalaise. Figure populaire et charismatique, l’ancien Premier ministre conserve une base militante solide au sein du Pastef. Son éviction pourrait exacerber les clivages internes et compliquer la gestion de la coalition présidentielle à l’approche des échéances électorales.
Pour Bassirou Diomaye Faye, ce geste marque une volonté d’affirmer son autorité et de reprendre la main sur l’agenda politique. Il devra désormais composer avec les répercussions de cette décision, alors que le parti au pouvoir traverse une zone de turbulences.
Reste à savoir qui prendra la succession à la Primature et quelle sera la réaction du camp Sonko. Une chose est certaine : la rupture entre les deux dirigeants met fin à l’image d’un tandem uni et ouvre une nouvelle séquence, incertaine, pour le Sénégal.
Amour SEKOS
