Le Bénin a franchi un cap institutionnel majeur. Ce jeudi 30 juillet 2026, le pays a officiellement installé son tout premier Sénat, créé à la suite de la récente révision de la Constitution. Aux côtés de l’Assemblée nationale, cette nouvelle chambre haute complète désormais le Parlement et ouvre une nouvelle page dans l’organisation des pouvoirs.
La cérémonie s’est déroulée en deux temps. La matinée a été consacrée à une phase publique, rythmée par des allocutions officielles et la présence de nombreuses personnalités politiques, administratives et de la société civile. Dans l’après-midi, les 25 sénateurs ont enchaîné avec leurs premiers travaux, cette fois à huis clos, pour poser les bases du fonctionnement de l’institution.
Figure symbolique de cette séance inaugurale, Élisabeth Pognon a présidé les débats. L’ancien président Nicéphore Soglo, désigné membre de droit, était absent, retenu à l’étranger pour des raisons de santé. Son absence a été soulignée par plusieurs orateurs qui ont salué son parcours au service de la démocratie béninoise.
Avant toute chose, le Sénat devra se doter de ses règles. L’élection du bureau définitif n’interviendra qu’après l’adoption du règlement intérieur. C’est ce texte qui précisera les prérogatives, le calendrier et les modalités de travail des sénateurs pour les années à venir.
La Constitution confie au Sénat une mission claire : contribuer à la stabilité politique, au renforcement de l’État et à la préservation de l’unité nationale. Conçue comme une chambre de régulation, l’institution devra formuler des avis sur les grandes questions de la nation. Dans certains cas prévus par la loi fondamentale, elle pourra même exercer un pouvoir de sanction à l’encontre de certains acteurs politiques.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes béninois attendent des actes concrets. Pour eux, la priorité du Sénat sera de prouver sa crédibilité dès les premiers mois. Ils appellent les 25 sages à faire preuve d’impartialité, à favoriser l’apaisement du climat politique et à s’attaquer à des dossiers sensibles, notamment la situation des prisonniers et des exilés politiques, afin de renforcer la confiance dans la démocratie.
L’événement relance aussi le débat sur le coût de cette réforme. Le gouvernement a débloqué une enveloppe de 100 millions de francs CFA pour l’organisation de la cérémonie inaugurale. Un montant qui suscite déjà des interrogations sur le budget de fonctionnement futur du Sénat et sur la justification de ces dépenses dans le contexte économique actuel.
Malgré ces réserves, l’espoir reste grand. Les Béninois placent beaucoup d’attentes dans cette chambre haute pour qu’elle joue un rôle de tampon, de mémoire et de consensus. Le défi est désormais pour le Sénat de transformer ce pari institutionnel en un levier réel de cohésion nationale et de stabilité politique.
Amour SEKOS
