Le ministère de l’Éducation nationale a officiellement lancé jeudi 23 juillet 2026 la révision du Plan Sectoriel de l’Éducation. Adopté en 2010 et déjà toiletté en 2013 puis en 2019, ce document de référence va être repensé pour la décennie à venir. Avec l’appui de partenaires techniques et financiers dont l’UNICEF, le gouvernement ouvre un vaste chantier de concertation nationale pour adapter l’école togolaise à un contexte profondément transformé.
Sept ans après la dernière version, les défis ont changé d’échelle. Le recul des financements internationaux, les pressions climatiques, l’instabilité sécuritaire au Sahel et l’accélération de la transition démographique et numérique imposent de redéfinir les compétences des jeunes générations. Il ne s’agit plus seulement d’élargir l’accès, mais de préparer des apprenants capables de résister aux chocs et de s’insérer dans une économie en mutation.
Le bilan présenté par le ministre Mama Omorou est contrasté. Côté avancées, le taux de scolarisation au préscolaire dépasse 116 %, l’achèvement du primaire frôle les 95 %, et l’enseignement technique et professionnel connaît une percée : sa part dans les effectifs est passée de 30 % à 46 % entre 2020 et 2024. Dans le supérieur, la place des filles progresse aussi, de 36 % à plus de 40 % sur la même période.
Les fragilités restent cependant marquées. Au premier cycle du secondaire, le taux d’achèvement est retombé sous les 62 %. L’alphabétisation des adultes est loin des objectifs initiaux. Le ministre a aussi pointé des inégalités tenaces entre milieux urbain et rural, un déficit d’infrastructures et de manuels, et une intégration du numérique dans les classes encore trop timide.
Pour corriger la trajectoire, sept priorités ont été esquissées pour 2026-2036 : développer la petite enfance, améliorer la qualité des apprentissages, revaloriser le métier enseignant, accélérer la transformation numérique, renforcer la sécurité scolaire, mieux arrimer les formations aux besoins économiques, et fonder la gouvernance sur la donnée. Le futur plan s’appuiera sur un outil de simulation financière pour en assurer la soutenabilité. La Représentante résidente de l’UNICEF, Dr Erinna Corinne Dia, a salué un processus inclusif et rappelé l’enjeu central : que chaque enfant scolarisé sache lire, raisonner et devenir citoyen responsable. L’ambition est claire, doter le Togo d’un plan « plus réaliste, mieux ciblé et fondé sur des données probantes ».
Amour SEKOS
- Source : illiconews
