Le Niger franchit un premier pas concret vers la réouverture de sa frontière avec le Bénin. Ce vendredi 5 juin, le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine a installé officiellement le comité chargé d’étudier les conditions de la levée des obstacles qui maintiennent ce passage fermé depuis le 30 juillet 2023.
La création de ce comité intervient seulement quatre jours après la visite d’amitié et de travail du président béninois Romuald Wadagni à Niamey. Ce déplacement a marqué un net réchauffement entre les deux capitales, après des mois de tensions diplomatiques consécutives au changement de régime au Niger.
Selon le communiqué conjoint publié à l’issue de la rencontre entre Wadagni et les autorités nigériennes, le comité dispose d’un délai de 15 jours pour remettre son rapport aux deux chefs d’État. Sa mission est précise : identifier les verrous techniques, sécuritaires et administratifs qui bloquent la réouverture et proposer des solutions opérationnelles.
La frontière terrestre entre le Niger et le Bénin est restée close côté nigérien depuis la fin juillet 2023, entraînant un coup d’arrêt brutal aux échanges commerciaux et aux déplacements des populations frontalières. Les marchés de Gaya, Malanville et leurs environs ont particulièrement souffert de cette fermeture.
Au-delà de la question frontalière, Niamey et Cotonou ont affiché une volonté commune d’aller plus loin. Romuald Wadagni et le général Abdourahamane Tiani se sont déclarés convaincus de la nécessité de renforcer la coopération bilatérale sur tous les plans, de l’économie à la sécurité.
Cet engagement mutuel à lever les obstacles indique que la réouverture n’est plus un sujet tabou. Les deux dirigeants ont instruit leurs équipes à travailler dans ce sens, dans un contexte où le Niger cherche à désenclaver son commerce et le Bénin à sécuriser ses échanges avec son voisin du nord.
Du côté des populations, l’attente est forte. Commerçants, transporteurs et familles séparées espèrent que le rapport du comité ouvre la voie à une reprise rapide du trafic. Si les 15 jours sont respectés, les deux chefs d’État pourraient annoncer une décision avant la fin du mois de juin.
Source : Africaho
