C’est une pierre d’un blanc éclatant qui a été dévoilée ce jeudi 3 septembre 2026 à Glidji-Kpodji, dans la préfecture des Lacs. Pour la 363e fois depuis des siècles, le rituel Kpessosso a ouvert la nouvelle année traditionnelle du peuple Guin. Et cette année, la teinte choisie par les ancêtres donne le ton : concorde, sérénité et abondance.

La cérémonie de prise de la pierre s’est déroulée dans une ferveur particulière. Filles et fils Guin, chefs traditionnels, autorités administratives et politiques, ainsi que de nombreux membres de la diaspora ont fait le déplacement. Venus d’Europe, d’Amérique, d’Asie et des autres pays d’Afrique, ils ont retrouvé la terre natale pour assister à ce rendez-vous fondateur.

Au cœur de ce rituel Guin, la couleur n’est jamais anodine. Le blanc, cette année, porte un message clair. Il symbolise la paix, la pureté et la prospérité. En le révélant, les détenteurs du culte ont adressé aux communautés un vœu direct : entrer dans la nouvelle année en laissant derrière les divisions, et en plaçant l’entente au centre de la vie collective.
Cette symbolique oriente désormais les prières et les engagements pour les douze mois à venir. Dans la tradition, la pierre ne se contente pas d’être regardée. Elle parle. Et en 2026, elle dit que l’abondance ne peut venir que là où règne la concorde. Un rappel fort à un moment où les communautés cherchent des repères pour vivre ensemble.

Mais Épé-Ekpé dépasse le seul décryptage de la pierre. C’est aussi le temps du rassemblement. Autour du site sacré de Glidji-Kpodji, les familles se retrouvent, les anciens transmettent, les jeunes écoutent. On renouvelle les alliances, on formule des vœux de prospérité, on réaffirme l’attachement à un patrimoine transmis depuis plusieurs siècles sans interruption.
L’image la plus marquante de cette édition reste le retour massif de la diaspora. Des Guin venus de plusieurs horizons du monde entier ont traversé mers et continents pour être présents. Leur présence donne à la célébration une dimension planétaire. Glidji n’est plus seulement un village des Lacs ce jour-là, il devient le carrefour d’un peuple dispersé mais uni par le même rituel.

À leurs côtés, les autorités traditionnelles ont conduit les invocations, tandis que les représentants de l’État ont salué la portée culturelle et sociale de la fête. Tous ont insisté sur la même idée : préserver ce rite, c’est préserver un lien. Un lien entre les vivants, entre les générations, et entre le pays Guin et ceux qui le portent au loin.
Avec cette pierre blanche, Épé-Ekpé 2026 inscrit donc la paix au fronton de la nouvelle année. Le symbole dévoilé à Glidji-Kpodji donne une tonalité apaisée à l’année qui commence, tout en rappelant que l’unité reste la première richesse du peuple Guin.
Amour SEKOS
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