Au cours d’une conférence de presse organisée ce samedi 1er 2026 au palais royal de N’lessi à Aneho, le Trône Royal Adjigo et Alliés a officiellement donné le coup d’envoi de la 9ᵉ édition de Bakatué Anèzan. Loin de se limiter aux réjouissances habituelles, cette édition se veut un acte de transmission. Elle met en lumière près de quatre siècles d’une communauté qui revendique son rôle fondateur dans l’histoire de la ville et son engagement pour la préservation de son identité culturelle.

Placée sous le thème « 360 ans de résilience d’une communauté dans l’Histoire d’un peuple et d’une dignité », la célébration 2026 revêt une dimension quadruple. Selon les responsables du Trône, il s’agit de commémorer à la fois les 360 ans de l’arrivée de Kwamena Densu, dit Quam Dessou, ancêtre fondateur des Adjigo ; le centenaire du retour des déportés de Mango ; l’hommage aux familles alliées — Gaba, da Silveira d’Almeida, de Souza, princières d’Agoué Adjigo et d’Agbodrafo — et la tenue même de la neuvième édition de Bakatué Anèzan, fête d’offrandes à la mer héritée des origines à Elmina.

La première grande innovation annoncée est l’inauguration d’une statue dédiée à Quam Dessou 1ᵉʳ. « Cette édition est l’occasion de rendre hommage à notre fondateur, QUAM DESSOU, afin que les générations actuelles et futures puissent le connaître », a souligné le comité d’organisation. L’œuvre vise à rendre visible une figure longtemps restée dans l’ombre alors que beaucoup connaissent Aného sans connaître ceux qui ont participé à sa fondation.
Autre réalisation symbolique : l’immortalisation du panthéon de Fantékomé à travers l’érection d’un portique-mémorial au sein de la famille da Silveira. Ce lieu abrite les reliques de plusieurs souverains et dignitaires Adjigo et Alliés. Le portique entend pérenniser la mémoire des rois, reines et grandes figures disparues, et offrir un espace de recueillement pour les générations à venir.
Le devoir de mémoire se matérialise aussi par le dévoilement de stèles dédiées aux déportés de Mango. Cent ans après leur retour, ces monuments rendront hommage à ce pan douloureux mais fondateur de l’histoire communautaire. Cette action s’inscrit dans la volonté du comité de lier célébration et transmission, entre spiritualité et rappel historique.
Côté identité visuelle, le comité d’organisation a présenté le pagne officiel de cette 9ᵉ édition. Arborant les portraits des figures historiques de la communauté Adjigo & Ahouandjigo, il sera le fil conducteur des manifestations prévues du 5 au 12 septembre 2026. Au programme : une messe d’action de grâce le premier jour, suivie d’un carnaval, d’une opération de don de sang, de conférences-débats, de cérémonies rituelles, d’activités culturelles et des grandes réjouissances populaires.

Les travaux de la conférence ont d’ailleurs débuté dans la tradition, avec les rites d’usage : la prière d’ouverture dite par Mme Kwamba TCHAKPALI ADOKOU et l’invocation des ancêtres conduite par un dignitaire. Une manière de rappeler que Bakatué reste d’abord un rendez-vous spirituel avant d’être une fête populaire.
Pour Sodji Ahlin Robert, président du comité d’organisation, l’enjeu est clair : « Nous voulons transmettre notre mémoire collective. Cette année, nous voulons rendre visibles ces pages de notre histoire à travers plusieurs réalisations symboliques ». Avec ses statues, son portique, ses stèles et son pagne commémoratif, Bakatué Anèzan 2026 s’impose ainsi comme une édition de rupture, où l’innovation sert la mémoire d’un peuple.
Amour SEKOS
