Le compte à rebours s’est enclenché pour la 40e édition d’Adzinukuza, la grande fête traditionnelle des peuples Ouatchi de la préfecture de Vo prévue le 29 août 2026. Dans les villages, l’effervescence habituelle peine pourtant à prendre. À la place de l’euphorie, ce sont les doutes qui circulent, nourris par des informations persistantes sur une organisation en grande difficulté.
Le comité ad-hoc chargé des préparatifs promet une célébration « en pompe ». Mais sur le terrain, trois verrous freinent déjà la machine : un dialogue rompu, une mobilisation financière au point mort et l’absence d’un réseau solide pour porter l’événement.
Selon plusieurs sources concordantes, l’ancienne équipe d’organisation aurait proposé une collaboration inclusive pour l’organisation de fête traditionnelle. La proposition serait restée sans suite. Le comité ad-hoc aurait préféré ne pas donner une suite favorable, estimant que l’équipe sortante, tenue pour responsable des deux éditions précédentes, n’avait plus de légitimité à s’impliquer dans la prochaine organisation. Cette rupture a coupé court à toute transmission.
« Comment peut-on exclure un natif de Vo qui veut apporter sa pierre à l’édifice ? Ce n’est pas au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle?… ›› S’interrogent des personnes avisées.
La quête de sponsors tourne à vide. Le comité ad-hoc bute sur un vide administratif : sans passation de service formelle, il peine à prouver sa légalité auprès des banques et des grandes entreprises. Or ces institutions exigent, comme à chaque édition, la mise à jour des instances avant tout décaissement. Résultat, les portes restent closes et les promesses de soutien se font rares.
Pire, l’ambiance s’est alourdie. Dans une émission sur une radio de la capitale, l’ancienne équipe a été accusée d’entraver l’organisation de la fête. Des accusations sans preuves, rejetées avec fermeté par les intéressés : « Nous n’avons aucun intérêt à bloquer les comptes bancaires de la fête d’Adzinukuza. Les comptes restent toujours ouverts », assure une source proche du dossier.
Adzinukuza vit aussi de réseaux tissés au fil des années : contacts avec les partenaires, relais dans la diaspora, habitudes de travail avec les institutions. Privé de ce carnet d’adresses, le nouveau comité se retrouve isolé. Il doit désormais convaincre avec ses seules relations, dans un temps record et sans l’appui de ceux qui connaissent les rouages.
Dans ce climat, les rumeurs de sabotage ont trouvé un terreau fertile. Elles divisent déjà les fils et filles de Vo et détournent l’attention de l’essentiel : l’organisation matérielle de la fête. Plutôt que de fédérer les énergies , la recherche du bouc émissaire installe la méfiance et ralentit toute initiative commune.
L’urgence, à l’heure actuelle, n’est plus de désigner de coupable. L’enjeu est de sauver la célébration. Les populations de Vo attendent désormais des actes concrets : un cadre de dialogue, un début de financement et une mobilisation visible. Sans cela, même la volonté affichée du comité ad-hoc risque de ne pas suffire à rendre à Adzinukuza tout son éclat.
Amour SEKOS
