La jeunesse togolaise tient sa nouvelle référence en art oratoire. Samedi dernier, Adjoa Sika Agboh a été sacrée grande lauréate de la 11ᵉ édition des Joutes Verbales Francophones, JVF/InPactsECO 2026. Au terme d’une finale disputée entre huit candidats, elle a su convaincre le jury et le public autour du thème central : « Bâtir la République nouvelle ».

Placée sous le fil conducteur « Ancrages », cette édition a voulu replacer la parole au cœur des solutions. Pendant plusieurs semaines, les participants ont été invités à décortiquer les défis de la société togolaise à travers des débats, des plaidoiries et des prises de parole publiques. L’objectif : montrer que l’éloquence peut devenir un outil concret d’engagement citoyen.
La grande finale a réuni les huit meilleurs orateurs sélectionnés à l’issue des phases éliminatoires. Devant un public attentif, chaque candidat a défendu une vision pour le pays, entre lucidité, audace et conviction. L’exercice exigeait autant de rigueur intellectuelle que de présence scénique.
Le jury a évalué les prestations sur trois critères majeurs. La maîtrise de la langue française, la solidité et la cohérence des arguments, et surtout la capacité à persuader. Dans cet exercice délicat, Adjoa Sika Agboh s’est distinguée par la clarté de son propos et la force de sa posture.
La championne repart avec plusieurs distinctions. Elle reçoit le prestigieux Trophée Plezza Dadja de l’Excellence Oratoire, un séjour de deux mois en France, et un accompagnement pour la mise en œuvre de son projet de société. Elle remporte également le Trophée Voix d’Ébène pour l’Excellence Féminine ainsi que le Prix du public, preuve de son impact sur la salle.

Émue, la nouvelle lauréate n’a pas caché sa surprise. « Je ne m’y attendais pas. Cette soirée représente pour moi la concrétisation de tout ce pourquoi je me suis toujours battue depuis que j’ai commencé l’art oratoire », a-t-elle confié quelques minutes après son sacre.
Pour Frédérick Tsatsu, président de l’association Jeunesse Unie pour une Nouvelle Afrique, JUNA-Togo, l’enjeu dépassait la compétition. « Cette édition visait à amener les jeunes à réfléchir et proposer des actions concrètes pour contribuer au développement du pays », a-t-il souligné. Le concours se veut ainsi une école de leadership autant qu’une tribune.

Ouvert aux jeunes bacheliers togolais âgés de 18 à 26 ans, les JVF s’imposent année après année comme un véritable espace d’expression et de formation. L’édition 2026 a pu voir le jour grâce au soutien du ministère chargé de la Culture, de l’Agence française de développement, de l’Institut français, de l’Ambassade de France au Togo et de l’Organisation internationale de la Francophonie.
Amour SEKOS