Le Conseil des ministres du 6 mai 2026 a fait une reconfiguration majeure de l’administration territoriale togolaise. Neuf nouveaux préfets ont été nommés sur proposition du ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et de la Chefferie coutumière.
Ce remaniement concerne des préfectures stratégiques réparties du nord au sud du pays. L’Oti, Kpendjal, Doufelgou, Dankpen, Blitta, Mô, Haho, Amou et le Moyen-Mono accueillent tous de nouveaux représentants de l’État.
La tendance qui se dégage de ces nominations est nette. Sur les neuf promus, sept sont issus des rangs des forces de défense et de sécurité. La majorité d’entre eux sont des officiers supérieurs admis à faire valoir leurs droits à la retraite.
Dans la région des Savanes, le Colonel à la retraite KONDI Kidighan prend la tête de la préfecture de l’Oti. Il sera secondé dans la même région par le Commissaire divisionnaire à la retraite BALATE Mikidjièbe, nommé préfet de Kpendjal, zone frontalière sensible.
La région de la Kara voit également l’arrivée de militaires à des postes clés. Le Colonel à la retraite AZIABA Ayi Sessi est nommé préfet de Doufelgou. Le Colonel AKPAMOURA Koffi prend les rênes de la préfecture de Dankpen.
Dans la région Centrale, Monsieur ANAKPA Mani, l’un des deux civils de la liste, est désigné préfet de Blitta. Il aura pour voisin le Chef d’Escadron AGOH Mazamesso, nommé préfet de Mô.
La région des Plateaux est concernée par trois nominations. Le Colonel à la retraite GNAKOU Aloègnim devient préfet de Haho. Monsieur GAVLO Komi Amen Martin, second civil nommé, prend la préfecture d’Amou. Le Colonel à la retraite GNAKOFRE Yao est nommé au Moyen-Mono.
Le profil des nouveaux préfets traduit une orientation claire de l’exécutif. Le gouvernement semble privilégier l’expérience du commandement et la culture du résultat pour renforcer l’autorité de l’État au niveau déconcentré.
Le rôle du préfet est central dans l’architecture administrative togolaise. Représentant direct du pouvoir central, il assure le maintien de l’ordre public, coordonne les services de l’État et supervise la mise en œuvre des projets de développement local.
Ces nominations interviennent dans un contexte où les enjeux de sécurité, de cohésion sociale et de développement à la base sont prioritaires. Les nouvelles autorités auront à gérer les questions foncières, les défis sécuritaires transfrontaliers et l’accompagnement des communes.
Les passations de service devraient s’organiser dans les prochains jours sous l’autorité des gouverneurs de région. Ces mouvements visent à insuffler une nouvelle dynamique à l’administration territoriale avant les prochaines échéances locales.
Avec cette vague de nominations, Lomé réaffirme sa volonté de placer des hommes d’expérience à la tête des préfectures. L’objectif affiché reste le même : rapprocher l’administration des citoyens et garantir l’efficacité de l’action publique sur tout le territoire.
Amour SEKOS
