Marié à deux femmes et père de quatre enfants, M.L. Diop, 49 ans, comparaissait cette semaine devant le tribunal de Mbour. Il est poursuivi pour avoir sectionné et volé des câbles électriques à l’hôtel « Les Manguiers » de Guéréo. Le prévenu affirme avoir agi par nécessité pour nourrir sa famille.

Les faits remontent au vendredi 24 avril dernier. Vers 16H, les responsables de l’hôtel constatent une chute brutale de la pression d’eau. Quelques minutes plus tard, plus une goutte ne sort des robinets. Chambres, cuisines et sanitaires sont à sec. L’établissement, pourtant complet pour le week-end, se retrouve totalement paralysé.
L’électricien appelé en urgence inspecte les installations. En faisant le tour des bâtiments, il surprend un homme accroupi près du forage. Une pince coupante à la main, M.L. Diop est en train de couper les fils électriques alimentant la pompe. Il est immédiatement interpellé sur place, relate le quotidien L’OBS.
Placé en garde à vue puis déféré, le quadragénaire a été incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction de Mbour. À la barre, il reconnaît les faits. Il nie toutefois avoir escaladé la clôture pour pénétrer dans l’enceinte de l’hôtel.
Interrogé sur ses motivations, M.L. Diop a expliqué sa situation précaire. Avec deux épouses et quatre enfants à charge, il dit faire face à des fins de mois intenables. « Je voulais revendre les fils à 3 000 F CFA le kilo pour acheter de quoi manger », a-t-il déclaré au juge, la voix basse.
La partie civile, l’hôtel « Les Manguiers », réclame 2 millions de F CFA de dommages et intérêts pour le préjudice subi. De son côté, le Procureur a requis six mois d’emprisonnement ferme. « Voler reste voler », a-t-il martelé à l’audience.
Avant de requérir, le magistrat a ajouté : « La faim n’excuse pas tout. Il existe des aides, des associations, des solidarités. Vous êtes passé à l’acte, vous assumez. » Face aux juges, M.L. Diop a multiplié les excuses et promis de ne plus recommencer.
Le prévenu sera fixé sur son sort le 21 mai prochain, date du délibéré. En attendant, l’affaire relance le débat sur la misère et les délits de nécessité au Sénégal.
