Keonjhar, Odisha (Inde) – La scène, aussi macabre qu’insolite, s’est déroulée lundi dernier vers 13h dans une agence bancaire rurale du bloc de Patana, dans le district de Keonjhar. Jitu Munda, 50 ans, s’est présenté au guichet avec les restes squelettiques de sa sœur aînée, décédée le 26 janvier dernier.
L’objectif de cet homme : prouver visuellement le décès de sa parente afin de débloquer les 19 300 roupies, soit environ 215 euros, présentes sur son compte.
D’après le Times of India, Jitu Munda s’était déjà rendu plusieurs fois dans l’établissement. Analphabète et démuni face à la complexité administrative, il s’était systématiquement vu refuser l’accès aux fonds. Le personnel réclamait des documents officiels attestant du décès.
N’ayant pas saisi qu’un simple certificat de décès papier suffisait, Jitu Munda a pris la demande au pied de la lettre. Pour lui, la preuve la plus irréfutable restait le corps de la défunte. Il a donc exhumé sa sœur pour la transporter jusqu’à la banque.
L’arrivée du quinquagénaire a immédiatement semé la panique parmi les employés et les clients. La direction a alerté la police en urgence.
Après enquête, les autorités ont écarté toute intention criminelle. « Il est innocent. Il n’a simplement pas compris le processus d’obtention d’un certificat de décès », a expliqué Kiran Prasad Sahu, inspecteur en charge du commissariat de Patana.
Grâce à la médiation des forces de l’ordre, Jitu Munda a accepté de ramener les restes de sa sœur sur son lieu de sépulture. La police a indiqué vouloir l’accompagner dans ses démarches administratives afin qu’il puisse régulariser sa situation et accéder à l’héritage sans reproduire un tel geste.
Cette affaire illustre le fossé qui peut exister entre les exigences bureaucratiques et les populations les plus vulnérables, notamment en milieu rural.
