Les autorités nigérianes ont annoncé avoir démantelé une “usine à bébés” à Lagos, la plus grande ville du pays. L’opération a permis de secourir 18 femmes enceintes et 10 enfants dans un établissement situé dans la zone de Badagry.
L’intervention a été menée vendredi par le Nigeria Security and Civil Defence Corps, NSCDC. Les agents ont investi les lieux après des renseignements sur des activités suspectes liées à la traite de personnes et à l’exploitation de femmes enceintes.
Selon le commandant du NSCDC de l’État de Lagos, Adedotun Keshinro, les victimes sont âgées de 18 à 30 ans. Elles auraient été recrutées via des offres diffusées sur le réseau social Facebook, avec des promesses de compensation financière.
« Ils tiennent une usine à bébés où l’on met des victimes enceintes. Quand les bébés naissent, ils sont vendus », a expliqué Adedotun Keshinro aux journalistes. Les femmes se voyaient promettre des paiements allant de 500 000 nairas à 1,8 million de nairas, soit environ 300 à 1 100 dollars.
Sur place, les agents ont constaté que 17 femmes étaient enceintes. Une autre victime avait fait une fausse couche. Certaines des personnes secourues étaient également avec des nourrissons déjà préparés à la vente, a précisé le responsable du NSCDC.
Deux suspects ont été interpellés lors de la descente. Ils devraient être remis à la police pour la suite des procédures judiciaires et de possibles poursuites. L’un des suspects a affirmé que l’opération consistait à organiser des adoptions, mais a refusé de donner des détails sans représentation légale.
Les victimes, elles, seront transférées à la National Agency for the Prohibition of Trafficking in Persons, NAPTIP. L’agence est chargée de leur prise en charge, des soins médicaux et du processus de réhabilitation.
Plusieurs objets ont été récupérés dans l’établissement lors de l’intervention. Les autorités ont saisi des générateurs, des bouteilles de gaz, des produits de puériculture, des téléphones portables ainsi que des denrées alimentaires.
Le phénomène des “usines à bébés” n’est pas nouveau au Nigeria. Ces structures clandestines exploitent la vulnérabilité de jeunes femmes, souvent en situation de précarité, pour organiser la vente illégale de nouveau-nés à des réseaux criminels.
Les autorités appellent la population à la vigilance face aux offres diffusées sur les réseaux sociaux promettant des aides financières en échange de grossesses. L’enquête se poursuit pour identifier d’éventuels complices et démanteler l’ensemble du réseau.
Amour SEKOS
