Le 13 janvier 1963 marque une date décisive dans l’histoire du Togo et du continent africain, l’assassinat du premier président du Togo, Sylvanus Olympio. Père de l’indépendance, il fut le premier président africain assassiné au lendemain de la vague des décolonisations.
Que s’est-il réellement passé ?
Sylvanus Olympio est mort dans la nuit du 12 au 13 janvier 1963. Son domicile est d’abord pris pour cible le 12 janvier à 23 h par un commando de six hommes. Il est ensuite assassiné le lendemain matin, à 7 h 15, devant l’ambassade des États-Unis à Lomé où il s’était réfugié.
Selon Gilchrist Olympio, l’un des fils du défunt, l’ambassadeur français Henri Mazoyer aurait prévenu son homologue américain, Leon B. Poullada, de la situation aux abords de l’ambassade vers 3 h 30 du matin. Ce dernier se serait rendu sur les lieux, y aurait retrouvé Sylvanus Olympio, et en aurait informé le diplomate français. À 7 h 15, trois coups de feu retentissent, Sylvanus Olympio est retrouvé mort devant l’enceinte diplomatique.
Qui a tué Olympio et pourquoi ?
Cela fait 63 ans que cette question demeure sans réponse officielle. Il y a quelques années, l’affaire a de nouveau fait la une de l’actualité suite à un article publié par Mediapart. La famille de Sylvanus Olympio, souhaitant enfin « connaître la vérité », a demandé l’accès aux archives officielles de la France.
Jean-Sylvanus Olympio, neveu du président, a été mandaté par la famille pour mener ces recherches afin que la lumière soit faite. L’objectif est de reconstituer avec précision les événements survenus entre le 12 janvier à 18 h et le 13 janvier à 7 h. Pourtant, jusqu’à présent, le silence persiste.
De nombreux auteurs togolais ont publié des ouvrages sur les circonstances de cette tragédie. Toutefois, ces écrits ne permettent pas encore de cerner de manière méticuleuse tous les épisodes de ce drame, les interprétations divergeant souvent d’une source à l’autre.
L’assassinat de Sylvanus Olympio reste, pour beaucoup, un crime contre le peuple togolais et un acte dont la portée historique est immense. Tôt ou tard, la vérité finira par émerger, quel que soit le nombre d’années nécessaire.
