La CEDEAO a porté son choix sur le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye. C’est au terme de la 69ᵉ Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement. En lui confiant la présidence en exercice de l’organisation, les dirigeants ouest-africains saluent une parole écoutée et une vision défendue avec constance depuis son arrivée au pouvoir. C’est un signal politique fort, à un moment où la Communauté traverse l’une des périodes les plus décisives de son histoire.
Face à ses pairs, le Chef de l’État sénégalais n’a pas éludé les fractures. Son diagnostic est lucide : l’économie régionale fait preuve de résilience, mais demeure exposée aux chocs extérieurs et aux inégalités internes. La région est par ailleurs éprouvée par la montée du terrorisme qui hypothèque le développement et la libre circulation. Enfin, les institutions communautaires, héritées de cinquante ans d’intégration, sont aujourd’hui appelées à se réformer pour gagner en efficacité et en crédibilité.
À ces défis, le nouveau Président en exercice oppose une ligne d’action claire. Première urgence : rendre pleinement opérationnelle la Force régionale de lutte contre le terrorisme. Deuxième levier : mutualiser les moyens militaires, humains et logistiques pour éviter les réponses isolées. Troisième chantier : renforcer l’autonomie financière de la CEDEAO afin de réduire la dépendance et d’accélérer les projets d’intégration. Quatrième priorité : assurer une meilleure protection des populations civiles, premières victimes des crises sécuritaires et humanitaires.
En acceptant cette responsabilité, Bassirou Diomaye Faye a mesuré le poids d’un héritage. Cinquante ans de solidarité, de marchés communs, de libre circulation et de construction collective. Mais il a aussi rappelé que la mémoire ne suffit pas. Il s’agit désormais d’adapter cet héritage aux réalités de 2026, avec une exigence : faire de la CEDEAO une organisation plus agile, plus souveraine et plus proche des citoyens.
Le cap qu’il propose repose sur quatre piliers. La sécurité collective d’abord, condition de toute prospérité. La stabilité institutionnelle ensuite, pour restaurer la confiance entre États et entre gouvernants et peuples. La souveraineté politique et économique, pour que l’Afrique de l’Ouest décide elle-même de son avenir. Et enfin, une diplomatie plus offensive pour porter une voix ouest-africaine plus forte, plus audible et plus crédible sur la scène internationale.
Un mandat de confiance lui est confié. Une responsabilité pleinement assumée. Derrière la formule, l’ambition est régionale : remettre la CEDEAO au centre du jeu, réconcilier intégration et sécurité, et prouver que l’unité ouest-africaine peut encore être le principal outil de transformation du continent.
Amour SEKOS
