Le Bénin vient de resserrer l’étau autour des pères irresponsables. Le nouveau Code de l’enfant ne laisse plus de place à l’ambiguïté : nier sa paternité ou abandonner une femme enceinte est désormais une infraction passible de sanctions pénales. Une réponse ferme à un phénomène longtemps banalisé dans plusieurs familles béninoises.
Selon les dispositions légales en vigueur, tout homme qui conteste sa paternité ou délaisse une grossesse dont il est l’auteur s’expose à une peine pouvant aller jusqu’à 12 mois d’emprisonnement. Le texte ne fait pas de distinction : l’abandon moral comme matériel est visé. L’objectif affiché est de protéger la mère et l’enfant dès la conception.
La loi place la mère sous protection dès le premier trimestre. Un homme qui cesse d’assurer les besoins médicaux et nutritionnels de sa compagne enceinte commet une infraction. Les associations de défense des droits des femmes saluent une avancée majeure pour lutter contre la précarité des mères célibataires et la mortalité maternelle liée au manque de suivi prénatal.
En cas de contestation de filiation, la justice béninoise n’hésite plus à ordonner une expertise. Le recours aux tests ADN devient un outil judiciaire pour forcer l’identification du père biologique. Une fois la paternité établie, le tribunal impose au père d’assumer ses obligations financières et de reconnaître officiellement l’enfant.
Cette réforme marque un tournant dans la politique de protection de l’enfance au Bénin. Elle aligne le pays sur les engagements internationaux en matière de droits de l’enfant et de responsabilité parentale. Les tribunaux sont désormais tenus d’appliquer ces sanctions, et plusieurs affaires sont déjà en cours d’instruction depuis l’entrée en vigueur du Code.
Pour les hommes, le message est clair : la responsabilité commence dès la grossesse. Pour les femmes, c’est une garantie légale de ne plus affronter seules la maternité. Reste à voir l’application sur le terrain, car l’effectivité de la loi dépendra de la capacité du système judiciaire à traiter rapidement les plaintes et à faire exécuter les décisions.
Amour SEKOS
